Économie en Haïti : dans une réflexion, Inel Torchon plaide pour une relance de la production nationale
Dans sa réflexion intitulée Économie en Haïti, l’auteur Inel Torchon s’intéresse à l’un des défis majeurs auxquels le pays est confronté depuis plusieurs décennies : la forte dépendance aux importations face à la faiblesse persistante de la production nationale. À travers une analyse mêlant histoire, économie et propositions de réformes, il questionne la capacité d’Haïti à construire une économie plus autonome et résiliente.
Pour Inel Torchon, l’économie haïtienne fait face à un dilemme central : continuer à s’appuyer massivement sur les produits importés pour répondre aux besoins de la population ou renforcer les capacités locales de production afin de réduire les vulnérabilités économiques. Dans son texte, l’auteur souligne que cette dépendance touche particulièrement les denrées alimentaires, les biens manufacturés et les produits de consommation courante.
L’auteur revient sur les origines historiques de cette fragilité économique. Il évoque notamment les séquelles héritées de la colonisation, la dette imposée à Haïti après l’indépendance et certaines orientations économiques qui, selon lui, ont contribué à affaiblir progressivement la production nationale. Il accorde une place importante aux politiques de libéralisation économique engagées à partir des années 1980, qu’il considère comme un facteur ayant accéléré la pénétration des produits importés sur le marché haïtien.
Dans sa réflexion, Inel Torchon soutient que l’ouverture commerciale, accompagnée d’une réduction des barrières douanières sur plusieurs produits agricoles, aurait fragilisé les producteurs locaux, particulièrement dans le secteur rizicole. Il estime que cette situation a favorisé un recul de la production agricole et renforcé l’exode rural.
Le texte met également en lumière les difficultés structurelles qui freinent le développement de la production nationale : faibles infrastructures rurales, manque d’irrigation, accès limité aux crédits agricoles, déficit énergétique, faible mécanisation et instabilité politique. Selon l’auteur, ces facteurs empêchent l’agriculture et l’industrie haïtiennes de devenir suffisamment compétitives.
Au-delà du constat, Inel Torchon avance plusieurs pistes de solutions. Il préconise notamment des investissements dans les infrastructures agricoles, un meilleur encadrement des producteurs, un renforcement des écoles techniques, un soutien aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’une politique industrielle orientée vers la transformation locale des produits.
L’auteur défend aussi l’idée d’un « protectionnisme intelligent », consistant à mettre en place certaines protections temporaires pour des filières stratégiques afin d’aider les producteurs haïtiens à renforcer leur compétitivité, tout en maintenant l’ouverture économique du pays.
À travers cette réflexion, Inel Torchon propose une lecture critique des défis économiques d’Haïti et invite à repenser les mécanismes de production nationale afin de construire une économie moins dépendante des importations et davantage tournée vers le développement durable et la création d’emplois.
