Nouveau Code fiscal : la fraude fiscale passible d’amendes et de peines d’emprisonnement
Entré en vigueur le 1er octobre 2026, le nouveau Code fiscal haïtien introduit des changements dans le système d’imposition et renforce le dispositif de lutte contre la fraude fiscale. Le texte prévoit notamment un barème progressif pour l’impôt sur le revenu ainsi que des sanctions financières et des peines d’emprisonnement pour certaines infractions fiscales.
Structuré en 543 articles, le Code comprend notamment le Code général des impôts et le Livre des procédures fiscales. Il rassemble les dispositions relatives à l’imposition et précise les procédures applicables aux contribuables ainsi qu’à l’administration fiscale.
Un nouveau barème pour l’impôt sur le revenu
Parmi les changements présentés figure l’application d’un barème progressif de l’impôt sur le revenu. Selon les tranches communiquées, les revenus annuels allant jusqu’à 360 000 gourdes sont exonérés.
Le taux de 12 % s’applique à la tranche comprise entre 360 001 et 540 000 gourdes, tandis que les revenus situés entre 540 001 et 1 080 000 gourdes sont soumis à un taux de 18 %. Pour les revenus compris entre 1 080 001 et 2 160 000 gourdes, le taux annoncé est de 25 %. Au-delà de 2 160 000 gourdes par an, il atteint 30 %.
Le seuil annuel de 360 000 gourdes équivaut à 30 000 gourdes par mois. Cette grille vise à adapter l’imposition au niveau des revenus, en prévoyant une exonération pour les contribuables dont les revenus annuels ne dépassent pas ce montant.
Des sanctions contre la fraude fiscale
Le nouveau Code fiscal renforce également les mesures de lutte contre la fraude. Les actes visant à se soustraire illégalement à l’impôt peuvent entraîner des amendes et, dans les cas prévus par la loi, des peines d’emprisonnement.
Les dispositions concernent notamment les manquements liés aux sommes retenues ou collectées pour le compte de l’État et qui ne sont pas reversées à l’administration fiscale. Ces obligations peuvent concerner différents prélèvements, dont la taxe sur le chiffre d’affaires.
À travers ces mesures, le législateur entend renforcer le respect des obligations fiscales et limiter les pratiques qui privent les finances publiques de recettes. La nature et la gravité des sanctions dépendent toutefois de l’infraction commise et des dispositions applicables du Code.
Le secteur informel, un défi pour l’administration
L’importance du secteur informel demeure un défi pour l’élargissement de l’assiette fiscale en Haïti. L’identification des activités économiques, le suivi des transactions et l’amélioration des mécanismes de contrôle constituent des moyens susceptibles d’aider l’administration à mieux repérer les opérations imposables.
Le recours aux outils technologiques et à une meilleure exploitation des données pourrait contribuer à renforcer la capacité de contrôle des services fiscaux. La mise en œuvre de ces mesures devra néanmoins tenir compte des réalités économiques du pays et des difficultés auxquelles sont confrontées les petites entreprises.
Des possibilités de clarification pour les contribuables
Le dispositif prévoit également des mécanismes permettant aux contribuables de solliciter des éclaircissements auprès de l’administration fiscale sur l’interprétation et l’application des règles en vigueur. Ces démarches peuvent contribuer à réduire les incertitudes et à prévenir les erreurs dans l’exécution des obligations fiscales.
L’efficacité du nouveau Code dépendra de son application, de la capacité de l’administration à accompagner les contribuables et de la compréhension des nouvelles règles par les acteurs économiques.
La lutte contre la fraude, l’amélioration du recouvrement et l’élargissement de l’assiette fiscale constituent ainsi des enjeux majeurs pour les finances publiques. La mise en œuvre du Code permettra d’évaluer dans quelle mesure ces dispositions contribueront à renforcer la conformité fiscale et à améliorer les recettes de l’État.
Par la rédaction
