Secteur informel : à l’approche de la rentrée scolaire, le CCSIHPE maintient la pression sur le gouvernement Fils-Aimé
À l’approche de la rentrée scolaire, le Collectif des Citoyens du Secteur Informel Haïtien et des Petites Entreprises (CCSIHPE) intensifie ses revendications auprès du gouvernement de Didier Fils-Aimé. L’organisation annonce une nouvelle mobilisation pour ce mardi 1er septembre 2026, afin d’exiger des mesures concrètes en faveur des commerçants, petits entrepreneurs et autres acteurs du secteur informel durement affectés par l’insécurité et les déplacements forcés.
Le rassemblement est prévu à 10 heures devant le ministère de la Planification, sur la route de Primati. À travers cette mobilisation, le collectif entend une nouvelle fois attirer l’attention des autorités sur la situation économique particulièrement difficile des petits entrepreneurs et sur la nécessité d’un accompagnement public adapté à l’ampleur des pertes enregistrées.
Sécurité, justice et réparation au cœur des revendications
Le CCSIHPE réclame notamment le renforcement de la sécurité, l’accès à la justice et la mise en place de mécanismes de réparation en faveur des commerçants et entrepreneurs victimes des violences. L’organisation demande également un accompagnement des personnes déplacées afin de faciliter leur retour dans leurs zones d’activité et leur réinsertion économique.
Pour le collectif, la crise sécuritaire ne se limite pas aux déplacements de population. Elle a également entraîné la destruction ou la perte de marchandises, d’équipements, de locaux commerciaux et, dans de nombreux cas, des principales sources de revenus de familles qui dépendaient de leurs activités quotidiennes.
Cette situation compromet fortement la reprise des activités. Pour de nombreux petits entrepreneurs, le retour dans leur quartier ou leur espace de travail ne constitue qu’une première étape. Ils doivent aussi disposer des ressources nécessaires pour reconstituer leurs stocks, remplacer leurs équipements et relancer leurs entreprises.
C’est pourquoi le CCSIHPE fait de la recapitalisation du secteur informel l’une de ses principales revendications. Le collectif considère qu’un soutien financier et économique ciblé est indispensable pour permettre aux acteurs touchés de retrouver leur autonomie et de participer à nouveau pleinement à la vie économique du pays.
« Le secteur informel ne demande pas la charité »
Le coordonnateur du CCSIHPE, Mondesir Boileau Junior, entend maintenir la pression sur les autorités jusqu’à l’adoption de mesures concrètes.
« Le secteur informel ne demande pas la charité. Nous demandons un accompagnement public qui nous permette de reconstruire nos activités, de travailler et de contribuer à nouveau à l’économie nationale », affirme-t-il.
Le responsable estime que l’État doit désormais dépasser le stade des engagements et apporter des réponses concrètes aux acteurs durement frappés par la crise. Selon lui, les petits entrepreneurs victimes de l’insécurité ne disposent pas, à eux seuls, des moyens nécessaires pour reconstruire leurs activités après avoir perdu leurs biens et leurs sources de revenus.
« Nous entendons aller jusqu’au bout pour forcer l’État à accompagner le secteur. Nous voulons des mesures concrètes, pas seulement des promesses », insiste Mondesir Boileau Junior.
La rentrée scolaire accentue les difficultés des familles
La mobilisation intervient alors que la rentrée scolaire approche, une période qui représente traditionnellement une importante pression financière pour les familles haïtiennes.
Pour les ménages qui dépendent du commerce, de l’artisanat et d’autres activités informelles, la situation est particulièrement préoccupante. Les dépenses liées aux frais scolaires, aux uniformes, aux fournitures, au transport et à l’alimentation s’ajoutent à la perte ou à la diminution des revenus provoquée par l’insécurité.
Dans ce contexte, le CCSIHPE estime que la relance des activités économiques doit également contribuer à améliorer les conditions de vie des familles touchées. Le collectif demande notamment que les enfants des petits entrepreneurs déplacés puissent continuer à avoir accès à l’éducation et que les familles contraintes de quitter leurs zones d’origine bénéficient d’un accompagnement adapté.
Faciliter le retour et la réinsertion économique
Au-delà de la recapitalisation, le CCSIHPE plaide pour un dispositif permettant aux personnes déplacées de retourner dans leurs zones d’origine lorsque les conditions de sécurité le permettent.
Pour l’organisation, le rétablissement de la sécurité doit être accompagné de mesures économiques afin que les commerçants et entrepreneurs puissent retrouver leurs espaces de travail et relancer durablement leurs activités.
Le collectif appelle également les autorités à accorder une attention particulière aux zones affectées par les violences, notamment Kenscoff, et à prendre des dispositions en matière de justice et de réparation en faveur des victimes.
Le CCSIHPE souhaite, par ailleurs, une participation plus importante des représentants du secteur informel dans l’élaboration des politiques publiques. Le collectif estime que les petits entrepreneurs doivent être considérés comme des acteurs essentiels de la reconstruction économique, plutôt que comme de simples bénéficiaires de programmes d’assistance.
Une mobilisation appelée à se poursuivre
À travers cette nouvelle mobilisation, le CCSIHPE veut adresser un message sans ambiguïté au gouvernement Fils-Aimé : le rétablissement de la sécurité demeure indispensable, mais il doit s’accompagner de mesures économiques capables de permettre aux populations touchées de reconstruire leurs moyens de subsistance.
Pour le collectif, demander aux entrepreneurs de reprendre leurs activités sans leur fournir les ressources nécessaires reviendrait à leur faire porter seuls le coût économique d’une crise qui dépasse largement leurs capacités individuelles.
La mobilisation annoncée pour ce 1er septembre constitue ainsi une nouvelle étape dans la démarche du CCSIHPE auprès des autorités. Le collectif entend maintenir la pression autour de quatre revendications majeures : la sécurité, l’accompagnement, la recapitalisation et la réparation, qu’il considère comme les conditions nécessaires à une véritable reprise des activités du secteur informel.
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