Sécurité en Haïti : la Force de répression des gangs au centre de la 6e Table sectorielle

À l’heure où l’insécurité continue de fragiliser le pays, la question de la riposte face aux groupes armés s’impose comme une priorité nationale. Réunis à Pétion-Ville lors de la sixième Table sectorielle sur la sécurité, acteurs étatiques, partenaires internationaux et représentants de la société civile ont concentré leurs échanges sur la mise en place de la Force de répression des gangs (FRG), perçue comme un levier stratégique pour rétablir l’ordre et renforcer l’autorité de l’État.
Organisée par le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de concertation visant à mieux coordonner les réponses face à une crise sécuritaire en constante évolution. Elle a permis aux différents intervenants de faire le point sur les actions entreprises, tout en identifiant les défis persistants.
Au cœur des discussions, la future FRG apparaît comme un dispositif clé dans la stratégie nationale de lutte contre les groupes armés. Les échanges ont mis en évidence la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité, notamment la Police nationale d’Haïti, et d’assurer une meilleure présence sur le terrain grâce à des moyens adaptés.
Les partenaires internationaux présents ont réaffirmé leur engagement à accompagner les autorités haïtiennes dans cette démarche. Plusieurs pistes ont été évoquées, notamment le développement de structures tactiques, le soutien logistique et la mise en place d’outils permettant une intervention plus efficace et mieux coordonnée.
Cependant, au-delà de l’approche sécuritaire, les participants ont insisté sur l’importance d’une réponse globale. Les limites du système judiciaire, la surpopulation carcérale ainsi que les facteurs socio-économiques favorisant l’expansion des gangs ont été identifiés comme des défis majeurs à relever. Une stratégie durable devra ainsi intégrer des mesures institutionnelles, sociales et économiques.
Les autorités gouvernementales, pour leur part, ont mis en avant leur volonté de passer à une phase plus opérationnelle. Elles ont évoqué la structuration du cadre légal de la FRG, le renforcement de la coordination entre les institutions et la nécessité de reconquérir les territoires sous contrôle des groupes armés.
La rencontre a également permis de souligner l’impact profond de l’insécurité sur l’économie nationale, notamment en matière de circulation des biens et de fonctionnement des activités commerciales. Des efforts sont en cours pour lutter contre les trafics illicites, en particulier ceux liés aux armes et aux munitions.
Réunissant des représentants de l’État, des organisations internationales, de la société civile, du secteur privé, des universités et des médias, cette sixième Table sectorielle a mis en évidence un consensus : la lutte contre l’insécurité en Haïti nécessite une mobilisation collective, structurée et durable.
Dans cette perspective, la mise en place de la Force de répression des gangs constitue une étape importante, mais elle devra s’inscrire dans une stratégie globale visant à restaurer l’ordre public et à garantir la sécurité des citoyens sur l’ensemble du territoire.
