Cap-Haïtien : un ministre contraint de marcher dans la boue, symbole d’un ras-le-bol populaire
La tension est montée d’un cran ce jeudi au Cap-Haïtien, où le ministre des Travaux publics, Joseph Almathe Pierre Louis, a été contraint par des riverains de mettre les pieds dans l’eau boueuse. La scène s’est déroulée sur la Route nationale #1, non loin de Vertières, épicentre d’une mobilisation citoyenne qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
Accompagné de ses homologues Paul Antoine Bien-Aimé et Valery Fils-Aimé, le titulaire du ministère des Travaux publics effectuait une visite d’évaluation dans le cadre d’une mission gouvernementale. Mais cette descente sur le terrain a rapidement pris une tournure inattendue.
Exaspérés par des conditions de vie jugées insoutenables, des habitants ont exigé du ministre qu’il expérimente lui-même la réalité quotidienne à laquelle ils font face. Routes dégradées, flaques d’eau stagnante, boue omniprésente : autant de difficultés qui paralysent la circulation et affectent gravement les activités économiques et sociales de la ville.
Depuis plusieurs jours, des mouvements de protestation agitent la cité capoise. Les revendications sont claires : la réhabilitation urgente des routes, le curage des caniveaux et des canaux d’évacuation, ainsi qu’une intervention rapide des autorités pour prévenir les inondations récurrentes.
Ce geste symbolique, imposé au ministre, illustre le profond malaise d’une population qui se sent abandonnée. Pour beaucoup, il ne s’agit plus de promesses, mais d’actions concrètes et immédiates.
Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite quant aux mesures qui seront adoptées à court terme. Toutefois, cette visite sous pression pourrait marquer un tournant dans la gestion de cette crise locale, devenue emblématique des défis structurels auxquels font face plusieurs villes du pays.
