Croix-des-Bouquets : quand l’exode des habitants contraste avec la présence de certains grands patrons
À Croix-des-Bouquets, l’insécurité continue de transformer le quotidien de milliers de familles. Face aux violences armées, aux enlèvements et aux attaques répétées attribuées aux groupes armés opérant dans la plaine du Cul-de-Sac, de nombreux habitants ont choisi ou été contraints de fuir leurs quartiers, abandonnant parfois maisons, commerces et activités économiques pour chercher refuge ailleurs.
Dans plusieurs zones de la commune, le climat de peur a provoqué un ralentissement considérable des activités. Des commerces ont fermé, des écoles ont interrompu leurs activités et plusieurs bâtiments publics ont été affectés par les violences. La progression du gang 400 Mawozo, dirigé par Wilson Joseph, est régulièrement évoquée comme l’un des principaux facteurs de cette détérioration sécuritaire.
Cependant, au milieu de cet exode massif, un contraste alimente les discussions au sein de l’opinion publique : la présence continue de certaines figures influentes du secteur économique dans ou autour de la commune. Des personnalités comme Charles Henri Baker, André Apaid Jr. ou encore des proches de Jerry Moura, lié à l’entreprise Famosa, sont parfois citées dans les débats publics sur la situation à Croix-des-Bouquets.
Cette réalité suscite de nombreuses interrogations parmi les habitants, qui se demandent pourquoi certaines résidences, activités ou entreprises semblent continuer à fonctionner alors que d’autres citoyens ont tout perdu ou ont été forcés de quitter les lieux. Pour plusieurs observateurs, cette situation pourrait s’expliquer par des facteurs variés, notamment des moyens financiers plus importants, des infrastructures plus protégées ou encore des localisations moins directement exposées aux affrontements.
Dans les conversations populaires et sur les réseaux sociaux, diverses hypothèses circulent pour expliquer ce contraste. Certaines accusations ou soupçons sont parfois évoqués publiquement. Toutefois, aucune preuve officielle ni décision judiciaire n’a, à ce jour, établi des faits impliquant les personnalités ou entreprises citées en lien avec les violences ou les groupes armés opérant dans la région.
Pendant ce temps, les conséquences humanitaires et économiques de l’insécurité continuent de s’aggraver. Des milliers de familles déplacées tentent de reconstruire leur quotidien dans des conditions précaires, pendant que la commune demeure confrontée à une crise sécuritaire persistante.
Dans ce contexte, le contraste entre l’exode massif d’une partie de la population et la continuité apparente de certaines activités économiques demeure un sujet de débat public, alimentant interrogations, perceptions et frustrations au sein de la société haïtienne.
