Le décret minier d’Alix Didier Fils-Aimé ravive les craintes autour de la souveraineté haïtienne
Depuis la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, le 7 février 2026, Alix Didier Fils-Aimé exerce les fonctions exécutives à travers le Conseil des ministres, dans un contexte marqué par l’absence de parlement, d’institutions élues et de mécanismes traditionnels de contrôle démocratique. Depuis lors, plusieurs décrets touchant des secteurs jugés stratégiques de l’État ont été adoptés.
Le 30 mars 2026, le gouvernement haïtien a publié dans le journal officiel Le Moniteur un nouveau décret encadrant les activités minières en Haïti. Le texte redéfinit les règles relatives à la prospection, à l’exploration et à l’exploitation des ressources minérales du pays, avec l’objectif affiché de moderniser le cadre légal du secteur.
Lors d’une interview accordée au journal Le Nouvelliste et à Magik9, à l’occasion d’un déplacement à Rome en mai 2026, Alix Didier Fils-Aimé a affirmé vouloir favoriser les investissements étrangers dans le domaine minier, soutenant qu’Haïti devait se doter d’un cadre juridique renouvelé avant d’ouvrir davantage le secteur aux investisseurs.
Toutefois, cette décision suscite déjà des réactions critiques dans plusieurs secteurs de la société haïtienne. Des observateurs, organisations citoyennes et acteurs de la société civile s’interrogent sur l’opportunité d’engager des ressources considérées comme stratégiques dans un contexte où les institutions démocratiques fonctionnent de manière limitée. Certains estiment qu’un débat national ou des mécanismes de consultation publique auraient été nécessaires avant l’adoption d’un texte pouvant avoir des implications à long terme sur les ressources nationales.
Au-delà de la seule question minière, plusieurs critiques voient dans ce décret le reflet d’une inquiétude plus large liée à la gouvernance et à la souveraineté économique du pays. Des voix s’élèvent pour exprimer des préoccupations concernant la place croissante des investissements étrangers dans certains secteurs stratégiques, notamment les infrastructures, les ressources naturelles ou encore les finances publiques. Ces critiques redoutent une dépendance accrue, tandis que les partisans d’une ouverture économique soutiennent qu’un tel cadre pourrait attirer des capitaux et stimuler la croissance.
Le décret du 30 mars 2026 figure désormais parmi les décisions les plus débattues du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. Dans un pays confronté à une crise sécuritaire, institutionnelle et humanitaire profonde, le débat dépasse la seule dimension économique et soulève une interrogation plus large : comment concilier exploitation des ressources, attractivité économique et préservation de la souveraineté nationale dans un contexte de fragilité institutionnelle ?
