DGI : une retraite historique consacrée au dialogue, au statut particulier et aux conditions de travail

La Direction générale des Impôts (DGI) a organisé, les 21 et 22 septembre 2026, une retraite réunissant des agents des catégories C et D de l’institution. Présentée par le directeur général, Chesnel François, comme une première dans l’histoire de la DGI, cette initiative entendait créer un espace de dialogue direct avec une catégorie de personnel qui, selon la direction, n’avait jusque là pas bénéficié d’un cadre d’échanges de cette nature.
Durant ces deux journées, les participants ont été invités à mieux comprendre les orientations de la DGI, à exprimer leurs préoccupations et à échanger sur les perspectives de l’institution. La rencontre s’inscrit dans une démarche visant à renforcer la communication interne, l’inclusion du personnel et la cohésion au sein de l’administration fiscale.
Une initiative placée sous le signe de l’inclusion
Dans son intervention, Chesnel François a expliqué que les différentes catégories de cadres de la DGI disposent habituellement de plusieurs espaces de réflexion, notamment à travers des conférences, des conseils et des dialogues de gestion. Les agents des catégories C et D, eux, disposaient de moins d’occasions de bénéficier d’un espace institutionnel spécialement consacré à l’échange avec la direction générale.
La retraite a ainsi été conçue comme un moyen de rapprocher la direction des agents et de permettre à ces derniers de disposer d’informations directes sur la situation de l’institution, ses contraintes, ses projets et les mesures envisagées.
Le directeur général a insisté sur le principe selon lequel il ne devrait pas exister de « grands » ou de « petits » employés au sein de la DGI. Chaque fonction, a t il souligné, participe à la réalisation de la mission fiscale de l’institution.
En raison des contraintes liées à la capacité d’accueil, tous les agents n’ont pas pu prendre part directement à la retraite. Les participants ont donc été invités à jouer un rôle de relais auprès de leurs collègues et à devenir, selon les termes de la direction, des ambassadeurs de cette nouvelle dynamique de communication.
Propos à valider auprès d’un participant :
« Nous avons particulièrement apprécié le fait que la direction générale ait créé cet espace pour nous écouter et échanger directement avec nous. Ce type de rencontre permet de mieux comprendre les orientations de l’institution, mais aussi de faire remonter les préoccupations du personnel. Nous repartons avec le sentiment que les agents de catégories C et D sont davantage pris en considération. »
Le statut particulier au cœur des perspectives
Au delà du dialogue institutionnel, la question du statut particulier de la DGI a occupé une place importante dans les échanges. La direction générale entend relancer ce dossier au cours du prochain exercice fiscal, avec l’objectif d’améliorer les perspectives de carrière et de mieux prendre en compte les spécificités de l’administration fiscale.
Selon les orientations présentées, l’évolution professionnelle devrait davantage s’appuyer sur des critères tels que le mérite, la compétence, l’expérience et la performance. La démarche vise également à favoriser une meilleure adéquation entre les responsabilités assumées au sein de l’administration fiscale et les conditions accordées aux agents.
Pour la direction générale, la reconnaissance du personnel constitue un élément essentiel de la transformation de l’institution. Elle doit toutefois s’accompagner d’exigences accrues en matière de professionnalisme, de rendement et d’intégrité.
Des mesures concrètes en faveur du personnel
Plusieurs mesures déjà engagées ont également été présentées aux participants. Parmi elles figure l’augmentation de l’allocation trimestrielle, passée de 50 000 à 75 000 gourdes. Cette mesure concerne l’ensemble du personnel, du niveau le plus bas jusqu’au directeur général, et représente une augmentation annuelle de 100 000 gourdes par employé.
La direction générale a expliqué avoir privilégié une mesure durable plutôt qu’une intervention ponctuelle, en intégrant cette augmentation dans le nouveau budget.
La situation des employés contractuels a également été abordée. La DGI travaille à accélérer la régularisation des contrats et à améliorer la régularité du paiement des salaires. Près de 60 personnes auraient travaillé pendant plus d’un an sans lettre de nomination, contrat formalisé ou rémunération régulière. Selon les informations communiquées durant la retraite, les contrats concernés ont été retournés et le processus de mise en paiement a été engagé.
Propos à valider auprès d’une participante :
« Cette retraite constitue, pour nous, une expérience importante. Elle nous a permis d’avoir des informations plus claires sur les projets de la DGI et sur les mesures envisagées en faveur du personnel. Nous souhaitons que cette dynamique de dialogue se poursuive et que les engagements annoncés puissent progressivement se concrétiser. »
Formation et développement des compétences
La formation figure également parmi les priorités annoncées. La DGI travaille notamment sur un projet d’École nationale des Impôts destinée à assurer la formation initiale et continue des agents. Le projet est déjà pris en compte dans le projet de loi organique de l’institution ainsi que dans le budget d’investissement public.
La direction générale entend également mettre en place des mécanismes permettant d’accompagner les agents désireux de poursuivre leur formation académique ou professionnelle.
Cette orientation répond à la volonté de renforcer les compétences internes alors que l’administration fiscale fait face à des exigences croissantes en matière de modernisation, de digitalisation et de mobilisation des recettes publiques.
Une transformation qui touche aussi les structures
Les changements annoncés ne concernent pas uniquement les ressources humaines. La DGI poursuit parallèlement une réorganisation de son implantation territoriale et de ses capacités opérationnelles.
De nouveaux bureaux ont notamment été ouverts à Desdunes, Anse à Pitres et Grand Saline. Le Centre des Impôts de Léogâne ainsi que l’Agence locale des Impôts de Pointe à Raquette ont également été rouverts.
La direction générale recherche par ailleurs de nouveaux locaux pour plusieurs structures, notamment la Direction des Grands Contribuables, la Direction des Organisations et Entreprises Exonérées, la Direction des Moyens Contribuables, la Direction départementale du Nord Ouest, le Centre des Impôts de Tabarre et le Centre des Impôts de Delmas.
Des mécanismes destinés à améliorer le suivi des recettes et la performance des différentes structures sont également en cours de développement.
Des objectifs de recettes en hausse
Cette transformation intervient dans un contexte où la DGI est appelée à accroître sa contribution aux ressources de l’État. Pour l’exercice fiscal en cours, l’institution prévoit de mobiliser environ 84 milliards de gourdes, contre 72 milliards au cours de l’exercice précédent.
Pour le prochain exercice fiscal, l’objectif fixé à la DGI s’élève à 94 milliards de gourdes.
Face à ces exigences, Chesnel François a appelé les agents à mesurer l’importance de chaque gourde collectée. La direction générale entend renforcer le suivi des opérations et affirme ne vouloir tolérer ni négligence ni mauvaises pratiques dans la gestion des fonds publics.
Intégrité et restauration de la confiance
La question de l’intégrité occupe une place centrale dans la vision présentée par la direction générale. Chesnel François a reconnu que la DGI a traversé des périodes marquées par des difficultés institutionnelles, de l’instabilité et une perception parfois négative de l’administration fiscale.
Dans ce contexte, la priorité affichée est de stabiliser l’institution, de renforcer la confiance entre les différents niveaux de personnel et d’améliorer progressivement son image auprès des contribuables.
La direction générale a également invité les agents à faire preuve de discernement, à éviter la propagation de rumeurs et à privilégier les informations communiquées à travers les canaux institutionnels, tout en demeurant attentifs aux conditions de travail et au respect des engagements pris.
Les participants appelés à prolonger la dynamique
Au terme des deux journées de retraite, les participants ont été appelés à retourner dans leurs départements respectifs, notamment dans le Nord, le Sud, le Nord Ouest, les Nippes, la Grand Anse, le Nord Est, le Centre et l’Artibonite, avec la responsabilité de partager les informations reçues avec leurs collègues.
Cette première initiative consacrée spécifiquement aux agents des catégories C et D marque ainsi une volonté affichée de la direction générale de placer le facteur humain au centre du processus de transformation de la DGI.
Entre amélioration des conditions de travail, projet de statut particulier, formation, régularisation des situations administratives, modernisation des structures et renforcement de la mobilisation des recettes, la direction générale entend inscrire cette démarche dans la durée.
La retraite des 21 et 22 septembre aura ainsi servi de cadre pour poser les bases d’un nouveau mode de communication interne, fondé sur le dialogue, la transparence et une participation plus large des différentes composantes de la DGI à la construction de l’institution.
Jean Valdonel
