Douanes : 11,5 milliards de gourdes collectés en octobre, un record malgré un déficit par rapport aux prévisions
L’Administration générale des douanes (AGD) a enregistré 11,5 milliards de gourdes de recettes en octobre 2026, soit une progression de 1,75 % par rapport à la même période de 2025. Présenté comme un record pour un mois d’octobre, ce résultat reste néanmoins inférieur de 1,71 milliard de gourdes aux objectifs fixés, en raison notamment de la forte contraction des perceptions sur les produits pétroliers.
L’Administration générale des douanes (AGD) affiche une progression de ses recettes pour le mois d’octobre 2026. Selon son rapport mensuel d’analyse des perceptions douanières à l’importation, l’institution a mobilisé exactement 11 500 444 274,73 gourdes, contre 11 302 532 300,94 gourdes en octobre 2025. Cette augmentation de près de 198 millions de gourdes représente une croissance de 1,75 % et constitue, selon les séries statistiques de l’administration, le niveau de perceptions le plus élevé jamais enregistré pour un mois d’octobre.
Cette performance doit toutefois être nuancée au regard des objectifs mensuels. Les prévisions de recettes étaient établies à 13,21 milliards de gourdes, alors que les montants effectivement encaissés se sont limités à 11,5 milliards. Le taux de réalisation s’est ainsi établi à 87,06 %, laissant un écart négatif de 1,71 milliard de gourdes.
L’analyse des différentes catégories de recettes permet de mieux comprendre cette situation. Les perceptions sur les marchandises ont atteint 10,76 milliards de gourdes, dépassant de 114,04 millions les prévisions initiales. Le taux de réalisation de 101,07 % traduit une performance supérieure aux attentes dans cette catégorie.
En revanche, les recettes provenant des produits pétroliers ont considérablement diminué. Elles se sont établies à 739,86 millions de gourdes, contre des prévisions de 2,56 milliards, soit un taux de réalisation de seulement 28,86 %.
Pour expliquer cette contre-performance, l’AGD met principalement en avant la politique de subvention de l’État haïtien. Face aux fluctuations et à la hausse des cours sur le marché pétrolier international, les autorités ont fait le choix de maintenir les prix à la pompe afin de limiter les répercussions sur les consommateurs, le pouvoir d’achat et le coût de la vie. Cette orientation a cependant eu des conséquences directes sur les recettes douanières issues des importations de produits pétroliers.
Une progression importante de la valeur des marchandises importées
Au-delà des recettes collectées, le rapport fait ressortir une augmentation significative de la valeur en douane des marchandises importées. Celle-ci est passée de 38,61 milliards de gourdes en octobre 2025 à 53,47 milliards en octobre 2026, soit une progression de 38,48 %.
Le poids net des marchandises a également augmenté de 11,43 %, passant de 390,74 millions à 435,39 millions de kilogrammes. Ces indicateurs témoignent d’une hausse simultanée de la valeur et du volume des marchandises enregistrées à l’importation.
L’administration précise toutefois que l’augmentation de la valeur en douane ne se traduit pas nécessairement par une progression proportionnelle des recettes. Le rendement fiscal dépend également de la nature des produits importés, de leur classement tarifaire, des régimes douaniers applicables ainsi que des exonérations et franchises accordées.
Autre élément notable, les droits concédés ont augmenté de 66,67 %, passant de 1,30 milliard de gourdes en octobre 2025 à 2,17 milliards en octobre 2026. Cette évolution souligne l’importance d’un suivi rigoureux des exonérations et des avantages douaniers afin de mieux évaluer leurs incidences sur les finances publiques.
Le Cap-Haïtien et plusieurs bureaux régionaux affichent de fortes progressions
La répartition des perceptions par bureau confirme la prédominance du Port de Port-au-Prince, qui demeure le principal contributeur aux recettes douanières. En octobre 2026, ce bureau a collecté 7,72 milliards de gourdes, enregistrant une augmentation de 12,2 % par rapport à octobre 2025.
Le bureau du Cap-Haïtien se distingue également par ses résultats. Ses perceptions sont passées de 1,16 milliard à 1,93 milliard de gourdes, soit une progression de 66,8 %. À l’aéroport de Port-au-Prince, les recettes ont atteint 179,75 millions de gourdes, en hausse de 9,4 %.
Plusieurs bureaux régionaux ont, eux aussi, enregistré des évolutions positives. Miragoâne affiche la progression la plus importante, avec une hausse de 238,6 %, suivi de Saint-Louis-du-Sud (+146,9 %), Saint-Marc (+98,5 %), Anse-à-Pitres (+44,6 %) et Ouanaminthe (+18,1 %).
Les Gonaïves ont également connu une augmentation notable de leurs perceptions, passées de 3,37 millions de gourdes en octobre 2025 à 77,55 millions en octobre 2026.
À l’inverse, certaines structures ont enregistré des résultats en baisse. Les perceptions du bureau de Jacmel ont diminué de 45,7 %, tandis que celles de la SONAPI ont reculé de 68,2 %. L’entrepôt pétrolier (12EP) présente, pour sa part, une contraction de 72,7 %, principalement associée au contexte de subvention des produits pétroliers.
Renforcement des contrôles et modernisation au cœur des perspectives
Pour améliorer les résultats, l’AGD annonce vouloir poursuivre le renforcement de ses mécanismes de contrôle et de mobilisation des recettes. Ses priorités portent notamment sur la vérification de la valeur en douane, le classement tarifaire des marchandises, la liquidation des droits et taxes ainsi que le suivi des franchises et des exonérations.
L’administration entend également consolider les performances des bureaux régionaux, examiner les contre-performances constatées dans certaines structures et poursuivre la modernisation de ses outils statistiques afin d’améliorer la fiabilité des données et la préparation des prévisions.
En définitive, les résultats d’octobre 2026 présentent un bilan contrasté pour l’administration douanière haïtienne. Si la progression annuelle des perceptions constitue un indicateur positif et établit un nouveau sommet pour ce mois dans les séries statistiques de l’AGD, l’écart de 1,71 milliard de gourdes par rapport aux prévisions rappelle l’ampleur des défis liés à la mobilisation des recettes publiques. La capacité de l’institution à améliorer le rendement des importations, à renforcer les contrôles et à consolider les résultats de ses différents bureaux restera déterminante pour atteindre ses objectifs financiers.
Par la rédaction
