Insécurité, décapitalisation, déplacements : le CCSIHPE intensifie sa mobilisation et exige des actions urgentes

Le Collectif des Citoyens du Secteur Informel Haïtien et des Petites Entreprises (CCSIHPE) intensifie sa mobilisation pour défendre les commerçants et les acteurs des petites entreprises durement affectés par l’insécurité. À travers ses différentes initiatives, l’organisation réclame des actions urgentes des autorités face à la dégradation des conditions d’exercice des activités commerciales, aux pertes économiques, aux déplacements de familles et aux difficultés sociales qui en découlent.
Sous la coordination générale de Boileau Jr Mondesir, le CCSIHPE entend porter les préoccupations des commerçants victimes des violences et attirer l’attention des pouvoirs publics sur les conséquences de la crise sécuritaire sur le secteur informel. Pour le collectif, la situation exige des réponses qui ne se limitent pas à la sécurité, mais qui prennent également en compte les pertes enregistrées par les commerçants et les difficultés liées à la reprise de leurs activités.
La décapitalisation constitue ainsi l’un des principaux problèmes soulevés par l’organisation. Les violences et les perturbations des activités commerciales ont fragilisé les moyens de subsistance de nombreux opérateurs du secteur informel. Le CCSIHPE demande que cette réalité soit prise en considération dans les réponses publiques et plaide pour des mesures susceptibles de favoriser la reprise des activités et la reconstitution des moyens économiques des commerçants affectés.
La question de la sécurité demeure toutefois au centre des revendications. Le collectif réclame des dispositions permettant aux commerçants de travailler, de circuler et de protéger leurs biens dans des conditions sécuritaires. Il souhaite également que les espaces commerciaux puissent être progressivement réinvestis et que les acteurs économiques puissent retrouver un environnement propice à la reprise de leurs activités.
Le CCSIHPE met également l’accent sur l’accès à la justice et la réparation des préjudices. L’organisation demande que la situation des commerçants victimes de violences soit prise en compte et que les pertes subies puissent faire l’objet d’une réponse appropriée. Pour le collectif, les conséquences de l’insécurité doivent être considérées dans leur dimension économique, mais aussi humaine et sociale.
Les déplacements forcés constituent un autre volet important des revendications. Des familles de commerçants ont été contraintes de quitter leurs zones de résidence et d’activité, perdant ainsi leurs repères et, dans plusieurs cas, leurs principales sources de revenus. Le CCSIHPE appelle à un accompagnement spécifique pour ces familles afin de répondre aux difficultés auxquelles elles sont confrontées.
La situation des enfants issus de familles déplacées préoccupe également l’organisation. Le collectif souligne les difficultés rencontrées par certains d’entre eux pour reprendre le chemin de l’école et souhaite que des mesures d’accompagnement soient envisagées afin de limiter les conséquences des déplacements sur leur parcours scolaire.
La reprise des activités commerciales au Champ-de-Mars figure aussi parmi les demandes portées par le CCSIHPE. L’organisation souhaite que les autorités prennent les dispositions nécessaires pour permettre aux commerçants concernés de retrouver leurs espaces de travail, dans des conditions garantissant leur sécurité et une organisation adéquate des activités.
Au-delà des mesures immédiates, le collectif réclame une meilleure prise en compte du secteur informel dans les politiques publiques. Il estime que les commerçants, les petites entreprises et leurs représentants doivent être davantage associés aux discussions et aux décisions portant sur les mesures économiques et sociales qui affectent directement leurs activités.
Selon certains observateurs, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est appelé à agir rapidement pour répondre aux revendications et aux difficultés de cette catégorie de commerçants. Ils estiment que la situation exige une attention particulière des autorités, notamment sur les questions de sécurité, de protection des activités économiques, d’accompagnement des familles déplacées et de relance du commerce.
À travers son calendrier de mobilisation, le CCSIHPE entend maintenir la situation des commerçants au centre de l’attention publique. L’organisation appelle ainsi les autorités à engager un dialogue avec les représentants du secteur et à apporter des réponses aux principales préoccupations exprimées : sécurité, justice, réparation des préjudices, lutte contre la décapitalisation, accompagnement des familles déplacées, scolarisation des enfants et reprise des activités commerciales.
La rédaction
