Insécurité et élections : Jocelerme Privert appelle à une réponse ferme de l’État
Alors que les préparatifs du processus électoral se poursuivent dans un climat marqué par une nouvelle flambée de violence, l’ancien président de la République Jocelerme Privert tire la sonnette d’alarme. Dans une déclaration rendue publique le 21 août, il condamne avec fermeté les récentes attaques contre les populations civiles et estime que la dégradation de la situation sécuritaire constitue désormais l’un des principaux obstacles à l’organisation d’élections crédibles et à la restauration de l’ordre démocratique en Haïti.
Jocelerme Privert dénonce particulièrement les violences enregistrées à Morne à Chandelle, à Gressier, ainsi que les attaques répétées de groupes armés contre les habitants de Marmont-Paul, à Saint-Michel de l’Attalaye. Il exprime sa solidarité avec les populations touchées et salue le courage de celles et ceux qui continuent de défendre leurs communautés malgré les menaces. Pour l’ancien chef de l’État, ces actes de terreur, qui frappent indistinctement les femmes, les hommes, les familles et les communautés, constituent une atteinte grave aux droits fondamentaux et à la sécurité des citoyens.
Dans sa déclaration, l’ancien président rappelle qu’aucune revendication politique, aucune circonstance et aucune justification ne peuvent légitimer l’imposition de la violence armée à la population. Il met également en garde contre le risque de vouloir construire une démocratie durable dans un pays où des citoyens sont contraints d’abandonner leurs maisons, leurs terres et leurs activités économiques pour échapper aux groupes armés. À ses yeux, la question sécuritaire est indissociable de la réussite du processus électoral : il ne peut y avoir de véritable participation citoyenne lorsque la population vit sous la menace permanente des armes.
Privert appelle ainsi le gouvernement et les forces nationales de sécurité à assumer pleinement leurs responsabilités. Il leur demande de prendre, sans délai, toutes les dispositions nécessaires pour protéger les populations, reprendre le contrôle des territoires affectés par la violence et mettre un terme à l’impunité dont bénéficient, selon lui, les auteurs de ces crimes. Il insiste toutefois sur la nécessité d’aller au-delà des interventions ponctuelles, en mettant en place une stratégie nationale de sécurisation du territoire, de restauration de l’autorité de l’État et de lutte contre les groupes armés ainsi que leurs réseaux de financement et de soutien.
Pour l’ancien président, la crise sécuritaire ne saurait être traitée uniquement comme une succession d’incidents isolés. Elle exige, selon lui, une réponse globale combinant sécurité, justice et restauration de l’autorité publique. « Notre peuple a trop souffert. Il ne peut être condamné à choisir entre la violence, le déplacement forcé et la peur », affirme-t-il, appelant à replacer la protection des citoyens au cœur de l’action publique.
Alors qu’Haïti cherche à renouer avec l’ordre constitutionnel et à organiser des élections, Jocelerme Privert estime que la priorité doit être clairement établie : la sécurité de la population doit précéder et accompagner le processus électoral. Il rappelle que sans sécurité, il ne peut y avoir de liberté réelle, d’élections crédibles ni d’institutions légitimes. Son intervention intervient ainsi comme un appel à l’État à créer les conditions minimales permettant aux citoyens de participer au processus politique sans intimidation, sans violence et sans crainte.
La rédaction
