Jérémie : une visite officielle qui masque les failles du système d’eau potable
La récente visite du directeur général de la DINEPA, l’ingénieur Théophile Ostinvil, dans la commune de Jérémie, présentée comme une avancée stratégique pour le secteur de l’eau, suscite au contraire de vives interrogations. Derrière les discours officiels et les promesses de renforcement du système d’approvisionnement, de nombreuses voix dénoncent une opération de communication déconnectée des réalités du terrain.
Accompagné de représentants de l’Union européenne et de partenaires comme l’AECID, le FCAS ou encore le programme Urb-Ayiti, le directeur général a multiplié les réunions et concertations. Pourtant, sur le terrain, la population continue de faire face à des pénuries chroniques, des infrastructures défaillantes et une gestion jugée inefficace.
Les autorités mettent en avant l’état d’avancement des travaux en cours. Mais pour de nombreux habitants de la Grand’Anse, ces projets tardent à produire des résultats concrets. Certains dénoncent des chantiers à l’arrêt, d’autres pointent l’absence d’entretien des installations existantes. « On parle de progrès, mais l’eau ne coule toujours pas dans nos robinets », confie un résident désabusé.
Au-delà des constats techniques, c’est la gouvernance même du secteur qui est remise en question. Les promesses d’amélioration de services et d’autonomie du système apparaissent, pour beaucoup, comme des slogans répétés sans impact réel. Les mécanismes de suivi restent flous, et la transparence dans l’utilisation des fonds internationaux est régulièrement mise en doute.
Alors que cette visite aurait dû marquer un tournant, elle semble plutôt illustrer un décalage persistant entre les annonces institutionnelles et la réalité quotidienne des citoyens. Sans actions concrètes, mesurables et durables, ces déplacements officiels risquent de renforcer la méfiance d’une population déjà éprouvée par des années de promesses non tenues.
