Joslord Elmilus interpelle la jeunesse haïtienne : « Il est temps de prendre place à la table politique »
La jeunesse haïtienne doit-elle continuer à être considérée comme une simple force de mobilisation ou doit-elle enfin devenir un véritable acteur des décisions politiques nationales ? C’est l’interpellation lancée par Joslord Elmilus, promoteur culturel et manager d’artistes, qui appelle les jeunes à sortir du rôle de spectateurs et à s’imposer dans les espaces où se dessine l’avenir du pays.
« Lajenès li plis ke yon obligasyon pou nou prezan nan lavi politik peyi a », écrit-il. Une déclaration qui sonne comme un appel à la prise de conscience et à l’engagement d’une génération souvent sollicitée lorsqu’il faut descendre dans la rue, soutenir une campagne ou participer à une mobilisation, mais trop rarement invitée lorsqu’il faut négocier et décider.
« Kote sektè jenès la ? »
Joslord Elmilus met directement le doigt sur ce qu’il considère comme une contradiction majeure du débat politique haïtien. À chaque grande crise, différents secteurs sont convoqués autour de la table : secteur vodou, secteur civil, secteur protestant et autres composantes de la société.
Mais, interroge-t-il : « Kote nou wè yo konn di sektè Jenès la ? »
La question mérite d’être posée. Car alors que la jeunesse constitue une composante essentielle de la population haïtienne, sa représentation politique demeure faible dans les mécanismes où sont négociés les compromis et définies les grandes orientations nationales.
Pour Joslord Elmilus, cette situation ne devrait plus être acceptée comme une fatalité.
La jeunesse doit passer à l’offensive politique
L’enjeu, selon cette démarche, n’est pas de réclamer une place symbolique dans les structures existantes. Il s’agit plutôt de construire une véritable force capable de défendre des propositions, de participer aux négociations et d’assumer des responsabilités.
La jeunesse doit donc s’organiser, développer une vision politique et investir les espaces de décision. Elle doit être capable de parler d’une seule voix sur des questions essentielles : éducation, emploi, formation, entrepreneuriat, culture, sécurité, justice, gouvernance et développement économique.
Être jeune ne doit plus être synonyme d’attente.
La génération montante doit apprendre à transformer sa frustration en engagement, ses idées en projets et sa présence démographique en influence politique.
Ne plus être l’avenir, mais le présent
Pendant des années, les responsables politiques ont répété que « la jeunesse est l’avenir du pays ». Mais pour Joslord Elmilus, cette formule ne suffit plus.
La jeunesse ne peut pas être constamment renvoyée à demain alors que les décisions qui détermineront son avenir sont prises aujourd’hui.
Elle doit donc participer au présent politique d’Haïti, avec ses propres idées, ses propres revendications et ses propres représentants.
L’appel lancé par le promoteur culturel dépasse ainsi le simple cadre d’une déclaration sur les réseaux sociaux. Il pose une question politique fondamentale : peut-on prétendre construire une nouvelle Haïti sans donner à sa jeunesse une place réelle dans les mécanismes de décision ?
La réponse appartient désormais aux jeunes eux-mêmes.
À eux de s’organiser. À eux de se mobiliser. À eux de faire entendre leur voix. Et surtout, à eux d’exiger que lorsqu’on s’assoit pour décider de l’avenir d’Haïti, la jeunesse soit enfin autour de la table.
La rédaction
