Journée mondiale de l’eau : Théophil Ostinvil face à l’échec chronique des promesses
Chaque année, le 22 mars, Haïti célèbre la Journée mondiale de l’eau. Cette fois encore, Théophil Ostinvil s’est livré à l’exercice attendu avec un discours officiel sur l’accès à l’eau potable, l’égalité de genre et l’importance de solutions soi‑disant durables et inclusives. Mais dans un pays où l’eau potable reste l’exception plutôt que la norme, ses mots sonnent aujourd’hui comme une insulte à la souffrance quotidienne de millions de compatriotes.
La réalité est brutale. Une très grande partie de la population haïtienne n’a toujours pas accès direct à une eau réellement potable malgré des décennies de promesses gouvernementales et des efforts institutionnels qui n’ont produit aucun résultat tangible. Dans les zones rurales, la couverture en eau potable est catastrophique, bien en deçà des normes minimales, tandis que la majorité des familles vivent encore avec de l’eau contaminée. Beaucoup sont obligés de puiser dans des rivières souillées ou d’acheter de l’eau à prix fort dans des citernes privées qui ne respectent souvent pas les standards de potabilité.
La situation sanitaire qui en résulte est alarmante. L’absence d’eau potable expose des milliers de personnes à des maladies hydriques graves telles que la diarrhée, les infections intestinales et d’autres affections qui frappent particulièrement les enfants. Cette crise sanitaire n’est pas accidentelle elle est directement liée à l’inaccessibilité de l’eau potable et à l’incapacité de la DINEPA sous la direction de Théophil Ostinvil à protéger les ressources hydriques ou à développer des infrastructures qui fonctionnent réellement.
Malgré la mauvaise gestion patente, malgré les années sans changement significatif dans l’accès à l’eau, le Directeur Général continue de répéter les mêmes promesses sans offrir de solutions concrètes. Il parle d’efforts, d’objectifs ambitieux et d’inclusion, mais la plupart des Haïtiennes et des Haïtiens ne voient rien d’autre que des discours bien formulés à l’occasion de journées commémoratives.
Dans de nombreuses localités, l’eau n’arrive que sporadiquement dans les robinets ou ne coule pas du tout. Les installations de pompage tombent régulièrement en panne faute d’entretien ou de gestion adéquate. Les citadins comme les ruraux doivent encore parcourir de longues distances pour trouver une source, souvent contaminée. Tout cela se passe sous la supervision d’un Directeur Général qui semble incapable de transformer ses déclarations en actions réelles.
L’ironie de cette Journée mondiale de l’eau en Haïti est amère. Elle devrait être un moment de vérité et de responsabilités, mais elle s’est transformée en un rituel annuel de discours sans lendemain. Tant que les autorités continueront à investir davantage dans les mots que dans les infrastructures, l’eau potable restera un luxe inaccessible pour la majorité.
La population ne peut plus se contenter de belles phrases. Elle exige des résultats tangibles. Et tant que l’inaccessibilité quasi totale de l’eau potable sera la norme, la responsabilité de cet échec restera attachée à ceux qui ont eu la charge de changer la situation, en particulier à Théophil Ostinvil.
