Kenscoff : la version de Raina Forbin face à une population toujours en quête de sécurité
Les déclarations de la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, devant l’Organisation des États américains (OEA), en visioconférence, sur la situation sécuritaire à Kenscoff suscitent de vives interrogations. Au lendemain du massacre qui a frappé cette commune, la ministre a affirmé que les opérations de traque contre les gangs armés avaient été intensifiées. Une affirmation qui semble toutefois difficile à concilier avec les préoccupations exprimées par des habitants, qui continuent de réclamer une réponse sécuritaire plus visible et plus efficace.
Sur le terrain, la colère d’une partie de la population demeure palpable. Des habitants se mobilisent et dénoncent ce qu’ils considèrent comme l’insuffisance de la présence et de l’action des forces de sécurité face à la menace des groupes armés. Pour ces citoyens, la priorité reste la protection des vies et des biens, ainsi que le rétablissement d’un climat permettant aux familles de vivre sans la peur constante des violences. Le contraste entre ce sentiment d’insécurité et le discours officiel ne peut donc qu’alimenter les interrogations.
La situation prend une dimension particulière lorsqu’elle est évoquée par une responsable qui connaît personnellement Kenscoff. Raina Forbin y a vécu avant de quitter la commune dans un contexte marqué par la violence des gangs. Cette proximité avec la réalité locale rend d’autant plus sensible toute déclaration sur l’évolution de la situation sécuritaire dans la zone. Les habitants sont ainsi en droit d’attendre des informations précises sur les opérations annoncées, leur ampleur et surtout leurs résultats.
Au-delà du cas de Kenscoff, c’est la crédibilité du discours des autorités sur la crise sécuritaire qui se trouve une nouvelle fois questionnée. Affirmer que les opérations sont intensifiées ne suffit pas à rassurer une population qui, dans son quotidien, continue de réclamer protection. Les autorités doivent pouvoir démontrer concrètement l’impact des mesures annoncées et expliquer pourquoi, malgré ces opérations, le sentiment d’insécurité demeure aussi présent.
Devant l’OEA, la ministre avait également la responsabilité de présenter à la communauté internationale la situation qui prévaut dans le pays. Mais la communication institutionnelle ne peut durablement se substituer à la réalité vécue par les populations. Entre les déclarations officielles et les perceptions exprimées sur le terrain, le fossé doit être pris au sérieux, au risque d’affaiblir davantage la confiance déjà fragile entre les citoyens et les autorités.
À Kenscoff, les attentes sont désormais clairement exprimées : les habitants veulent des actes, une présence sécuritaire effective et des résultats mesurables. La question n’est donc plus seulement de savoir si des opérations ont été annoncées ou intensifiées, mais de déterminer si elles permettent réellement de protéger la population et de reprendre le contrôle des zones menacées.
Dans ce contexte, les déclarations de Raina Forbin gagneraient à être accompagnées d’éléments concrets permettant de mesurer l’évolution de la situation. Car pour une population éprouvée par la violence, la sécurité ne se mesure pas aux déclarations faites devant les instances internationales, mais à la possibilité de circuler, de travailler et de vivre sans craindre les groupes armés.
La rédaction
