Menacés d’expulsion, de nombreux bénéficiaires du TPS envisagent un retour en Haïti : la question de la franchise douanière se pose
L’avenir de milliers d’Haïtiens vivant aux États-Unis sous le régime du Temporary Protected Status (TPS) est plus incertain que jamais. Avec la fin de cette protection et la menace d’expulsion qui pèse sur eux, beaucoup ne voient plus de perspective durable sur le sol américain. Après avoir vécu et travaillé pendant parfois plus de quinze ans aux États-Unis, nombreux sont ceux qui envisagent désormais un retour définitif en Haïti.
Au cœur de leurs préoccupations figure une question essentielle : pourront-ils rentrer avec les biens qu’ils ont acquis au fil des années sans être lourdement taxés à la douane ?
Le Code des douanes haïtien prévoit, à son article 182, le principe de l’admission en franchise. Cette disposition permet, sous certaines conditions fixées par les autorités compétentes, d’importer certains biens sans acquitter de droits et taxes de douane. Pour les personnes qui transfèrent leur résidence en Haïti, ce régime peut notamment concerner les effets personnels et les biens mobiliers, à l’exclusion des véhicules automobiles, sauf exceptions prévues par la législation.
Pour les bénéficiaires du TPS, cette possibilité représente un enjeu majeur. Après des années de travail, beaucoup souhaitent revenir avec leurs meubles, leurs appareils électroménagers, leurs outils de travail et leurs effets personnels afin de reconstruire leur vie dans leur pays d’origine.
« Je suis arrivé aux États-Unis il y a plus de quinze ans. J’ai travaillé honnêtement pour acheter mes meubles et mon matériel. Si je dois rentrer en Haïti, je souhaite simplement pouvoir ramener ce que j’ai gagné à la sueur de mon front afin de recommencer une nouvelle vie », témoigne Jean (prénom d’emprunt).
Marie (prénom d’emprunt), installée en Floride depuis plus d’une décennie, partage la même inquiétude. « Nous avons bâti notre vie ici, mais aujourd’hui nous vivons dans l’incertitude. Si nous sommes contraints de rentrer, nous espérons que l’État haïtien nous permettra de revenir avec nos biens sans nous imposer des charges que nous ne pourrons pas supporter. »
Pour Patrick (prénom d’emprunt), père de famille vivant à New York, la franchise douanière pourrait faciliter la réinstallation de nombreux compatriotes. « Nous ne demandons aucun privilège. Nous voulons seulement rentrer chez nous avec nos effets personnels pour repartir de zéro. Ce serait une façon pour notre pays de nous accueillir avec dignité après toutes ces années passées à l’étranger. »
Si le Code des douanes établit le principe de l’admission en franchise, plusieurs Haïtiens estiment qu’une communication officielle des autorités serait nécessaire afin de préciser les démarches à suivre, les documents exigés et les biens admissibles. Une telle clarification permettrait aux familles concernées de préparer leur retour dans de meilleures conditions et d’éviter toute confusion au moment de leur arrivée.
Au-delà des formalités douanières, le retour potentiel de milliers de bénéficiaires du TPS constitue un défi pour Haïti. Beaucoup reviendront avec une expérience professionnelle, des compétences et la volonté de contribuer au développement du pays. Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que l’État devrait mettre en place un véritable dispositif d’accompagnement afin de faciliter leur réintégration et de transformer cette période difficile en une opportunité de reconstruction nationale.
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