Diplomatie haïtienne : une lettre ouverte accuse Raina Forbin d’avoir présenté une « Haïti qui n’existe pas » à l’ONU
Une lettre ouverte adressée à la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, suscite des réactions en remettant en question le discours qu’elle a prononcé à la tribune des Nations Unies sur la situation en Haïti. Signée par le citoyen haïtien Richardson Prevost, la correspondance reproche à la cheffe de la diplomatie haïtienne d’avoir présenté un tableau jugé éloigné de la réalité sécuritaire du pays.
Dans cette lettre, l’auteur conteste les déclarations de la ministre selon lesquelles la situation sécuritaire s’améliorerait et que le pays progresserait vers l’organisation d’élections. Il estime que ces affirmations sont en contradiction avec le quotidien de nombreux Haïtiens confrontés à la violence des groupes armés.
Pour étayer son argumentation, Richardson Prevost évoque notamment l’enlèvement du chef de cabinet du ministère de la Défense ainsi que du chef de cabinet du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle. Selon lui, ces événements démontrent que l’insécurité continue de toucher les plus hautes sphères de l’État, remettant en cause tout discours faisant état d’une amélioration significative.
L’auteur affirme également que les gangs continuent d’étendre leur influence sur plusieurs territoires, tandis que l’État peine à rétablir son autorité. Il souligne que des milliers de familles vivent toujours dans la peur et que la libre circulation demeure fortement compromise dans plusieurs régions du pays.
Dans sa lettre, Richardson Prevost estime que le rôle de la diplomatie haïtienne ne consiste pas à présenter une image rassurante de la situation, mais à exposer avec franchise les défis auxquels le pays est confronté afin de favoriser une mobilisation accrue de la communauté internationale.
Il soutient par ailleurs que des élections véritablement crédibles ne pourront être organisées tant que l’insécurité continuera de fragiliser les institutions publiques et de limiter l’autorité de l’État sur une partie du territoire national.
En conclusion, l’auteur appelle les autorités à privilégier des actions concrètes plutôt que des déclarations destinées, selon lui, à rassurer les partenaires internationaux. Il affirme que les Haïtiens attendent avant tout le rétablissement de la sécurité, des résultats tangibles et le retour effectif de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
La rédaction
