Processus électoral : le RHAJAC exige des garanties sécuritaires avant le scrutin
Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) hausse le ton sur les conditions dans lesquelles les prochaines élections pourraient être organisées en Haïti. Dans une note de presse publiée le 18 août 2026, l’organisation estime que le rétablissement de la sécurité et la reprise du contrôle des territoires occupés par des groupes armés constituent des préalables indispensables à la tenue d’un scrutin crédible.
Dans cette déclaration signée par son secrétaire général, Djovany Michel, le RHAJAC reconnaît que le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé a pu organiser les examens du baccalauréat dans plusieurs communes confrontées à la présence de groupes armés. Toutefois, l’organisation considère que cette situation ne saurait être assimilée à des conditions suffisantes pour organiser des élections nationales.
Le réseau estime notamment que la tenue d’un scrutin crédible nécessite la présence effective des forces de l’ordre sur l’ensemble du territoire concerné. Il réclame également le démantèlement des groupes armés afin de garantir aux électeurs, aux candidats et aux acteurs du processus électoral un environnement sécurisé.
Le RHAJAC exprime par ailleurs son opposition à ce qu’il considère comme des décaissements publics destinés à financer un processus électoral qui ne réunirait pas les conditions nécessaires. Selon l’organisation, plusieurs communes et départements demeurent sous le contrôle de groupes criminels, ce qui pourrait affecter la participation des citoyens et la régularité du scrutin.
La structure met également en avant plusieurs préoccupations d’ordre politique et institutionnel. Elle évoque notamment l’absence de certains partis politiques traditionnels ainsi que le nombre jugé faible d’électeurs inscrits. Pour le RHAJAC, ces éléments doivent être pris en considération dans l’évaluation de la crédibilité et de la représentativité du processus électoral.
Dans sa note, l’organisation formule également de fortes critiques à l’égard du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Elle lui reproche notamment de n’avoir neutralisé aucun chef de gang depuis son arrivée à la tête du gouvernement, le 11 novembre 2024. Le RHAJAC dénonce aussi ce qu’il présente comme le recours à des étrangers pour certaines missions régaliennes de l’État, à travers des contrats qu’il qualifie de frauduleux.
À partir de ces constats, le réseau estime que les autorités doivent d’abord créer les conditions sécuritaires et institutionnelles nécessaires avant d’aller aux élections. Il réitère ainsi sa position en faveur du départ du Premier ministre et appelle à l’ouverture d’un dialogue national.
Selon le RHAJAC, ce dialogue devrait permettre de déboucher sur la mise en place d’un exécutif bicéphale chargé notamment de rétablir l’ordre, de créer un environnement propice à l’organisation du scrutin et de favoriser une sortie de la transition politique.
Les déclarations du RHAJAC interviennent alors que la préparation du processus électoral se poursuit. Elles relancent le débat sur les conditions sécuritaires, la participation politique et la capacité des institutions à organiser des élections acceptées par les différents secteurs de la société.
Le gouvernement n’a pas formulé de réaction dans la note du RHAJAC aux différentes accusations et propositions avancées par l’organisation.
La rédaction
