Revue nationale volontaire : Haïti obtient le soutien de l’ECOSOC
Haïti franchit une nouvelle étape dans son engagement en faveur du développement durable. À l’issue d’une rencontre bilatérale tenue le 17 juillet à New York, la ministre de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), Dre Sandra Paulemon, a obtenu l’appui du président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), l’ambassadeur Lok Bahadur Thapa, pour la préparation de la Revue nationale volontaire (RNV) que le pays entend présenter lors de la prochaine session de l’institution.
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des travaux de haut niveau de l’ECOSOC et dans la stratégie du gouvernement haïtien visant à renforcer sa présence au sein des instances multilatérales. Les discussions ont notamment porté sur les défis auxquels Haïti est confrontée dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 ainsi que sur les perspectives de coopération entre le pays et le système des Nations Unies.
Au cours des échanges, la ministre Sandra Paulemon a rappelé que la crise sécuritaire, économique et sociale que traverse Haïti compromet considérablement l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Malgré ce contexte difficile, elle a réaffirmé la volonté du gouvernement de présenter sa Revue nationale volontaire, un exercice destiné à dresser un bilan des progrès réalisés, à identifier les principaux défis et à définir les priorités nationales pour accélérer la réalisation des ODD.
Pour matérialiser cet engagement, la ministre a officiellement remis au président de l’ECOSOC une lettre confirmant la candidature d’Haïti à la présentation de sa RNV. Elle a également sollicité l’appui technique du système des Nations Unies, en particulier de son équipe de pays en Haïti, afin d’accompagner les autorités nationales dans la préparation de cette évaluation.
Au-delà du constat de la crise, la cheffe du MPCE a insisté sur la nécessité d’en traiter les causes profondes. Selon elle, l’insécurité ne constitue qu’une conséquence d’un ensemble de facteurs plus structurels, notamment le manque d’opportunités économiques, l’absence de perspectives pour les jeunes et la fragilité des services publics.
Dans cette optique, Sandra Paulemon a présenté le Programme national de stabilisation, de relance économique, sociale et territoriale (PNSREST) comme le principal instrument gouvernemental destiné à répondre aux causes structurelles de la crise. Le programme prévoit la création d’opportunités économiques dans les territoires, le renforcement de l’accès aux services sociaux essentiels, le soutien aux familles les plus vulnérables ainsi que l’appui aux petites et moyennes entreprises et aux filières économiques locales.
La ministre a également souligné le rôle que peut jouer l’ECOSOC dans l’accompagnement des pays confrontés à des crises prolongées. Elle a plaidé pour une mobilisation accrue des partenaires internationaux afin de soutenir les efforts d’Haïti en matière de sécurité, de relance économique et de développement durable.
De son côté, le président de l’ECOSOC, Lok Bahadur Thapa, a salué l’initiative du gouvernement haïtien ainsi que les plaidoyers portés par la délégation durant la semaine ministérielle. Il a exprimé sa solidarité envers Haïti face à la crise multidimensionnelle qui affecte le pays et a réaffirmé l’engagement des Nations Unies à accompagner les autorités nationales dans leurs efforts de stabilisation et de développement.
Le diplomate a estimé que les Objectifs de développement durable constituent le cadre le plus pertinent pour analyser les difficultés structurelles des États fragiles et mieux orienter les appuis techniques, financiers et institutionnels en fonction des priorités nationales. Il a également salué l’approche du gouvernement haïtien consistant à s’attaquer aux causes profondes de la crise à travers le PNSREST, rappelant que la pauvreté, le chômage et le manque de perspectives demeurent les principaux facteurs d’instabilité.
Au terme de cette rencontre, l’ambassadeur Lok Bahadur Thapa a assuré la délégation haïtienne du soutien de l’ECOSOC dans la préparation de la Revue nationale volontaire d’Haïti, une démarche qui devrait permettre au pays de présenter à la communauté internationale sa vision du développement et de renforcer le dialogue avec ses partenaires autour de l’Agenda 2030.
La rédaction
