Sécurité en Haïti : des promesses répétées face à une situation qui s’aggrave
Alors que la situation sécuritaire en Haïti continue de sombrer dans le chaos, des hauts responsables de la défense de l’ambassade des États-Unis ont rencontré le ministre haïtien de la Défense, Mario Andrésol. Officiellement, il s’agissait de discuter des « défis urgents » et du renforcement de la coopération. En réalité, cette rencontre s’inscrit dans une longue série d’échanges dont les résultats concrets tardent à se faire sentir sur le terrain.
Depuis des années, les autorités haïtiennes multiplient les réunions et les annonces avec leurs partenaires internationaux, notamment les États-Unis. Pourtant, les groupes armés continuent d’étendre leur emprise, contrôlant des territoires entiers, terrorisant la population et paralysant la vie économique. Les discours sur le « soutien » et la « coopération » peinent à masquer une évidence : la situation échappe largement au contrôle de l’État.
Lors de cette rencontre, il a été question de renforcer les capacités sécuritaires et de lutter contre les groupes qualifiés de terroristes. Mais sur le terrain, les citoyens ne voient ni amélioration significative, ni stratégie claire capable d’inverser la tendance. Les enlèvements, les massacres et les déplacements forcés restent le quotidien de milliers d’Haïtiens.
Le ministre Mario Andrésol a, comme ses prédécesseurs, mis en avant la nécessité d’un appui international. Une position qui soulève des questions : jusqu’à quand Haïti dépendra-t-elle de l’aide extérieure pour assurer sa propre sécurité ? Et surtout, pourquoi les efforts déjà engagés n’ont-ils pas permis de freiner la montée de la violence ?
Du côté américain, l’insistance sur l’importance de la stabilité d’Haïti reflète aussi des intérêts stratégiques, notamment liés à la migration et à la sécurité régionale. Mais là encore, les déclarations d’engagement contrastent avec la lenteur des actions concrètes et leur impact limité.
Pendant ce temps, la population haïtienne continue de payer le prix fort. Entre promesses diplomatiques et réalité brutale, un fossé persiste et il ne cesse de se creuser.
