Drame à la Citadelle : Emmanuel Ménard sous pression face à la colère populaire et aux appels à la démission
Port-au-Prince, avril 2026
Après le drame survenu à la Citadelle Laferrière, où plus de trente personnes ont perdu la vie, la colère populaire ne cesse de s’intensifier. Désormais, au-delà de la demande de démission du ministre Emmanuel Ménard, c’est toute l’action du Ministère de la Culture et de la Communication qui est vivement remise en cause.
Sur le terrain, les témoignages se multiplient et traduisent une profonde amertume, voire une rupture totale de confiance entre citoyens et autorités.
À Milot, un jeune guide touristique ne cache pas sa colère : « Nous travaillons ici tous les jours, nous voyons les risques. Il n’y a aucun encadrement sérieux lors des grandes activités. Le ministère est totalement absent. Aujourd’hui, ce sont des vies perdues à cause de cette négligence. »
Une mère de famille, ayant perdu un proche dans la tragédie, exprime une douleur mêlée d’indignation : « On nous parle de patrimoine, de fierté nationale… mais où était le ministère quand il fallait protéger nos enfants ? Ce n’est pas seulement une faute, c’est un abandon. »
Dans les rues de Cap-Haïtien, les critiques deviennent plus frontales : « Le ministère n’est jamais présent pour organiser ou sécuriser. Il apparaît seulement pour les cérémonies officielles. Ce drame montre que tout cela n’est que façade », affirme un commerçant.
Un enseignant de la région ajoute : « Comment peut-on gérer un site aussi important sans plan de sécurité clair ? C’est une irresponsabilité grave. Ceux qui dirigent doivent assumer, ou partir. »
À Port-au-Prince, le ton est encore plus accusateur. « Ce ministère a failli à sa mission fondamentale. Protéger le patrimoine, c’est aussi protéger les gens qui le visitent. Aujourd’hui, on voit clairement que rien n’était prêt », déclare une étudiante en sciences sociales.
Un chauffeur de transport en commun renchérit : « Chaque fois qu’il y a un drame, on entend les mêmes discours. Mais personne ne paie jamais. Si le ministre reste en poste, cela veut dire que ce système accepte l’échec sans conséquence. »
Même parmi certains acteurs culturels, la déception est palpable. « La Citadelle est un symbole de résistance et de dignité. Ce qui s’est passé est une humiliation nationale. Le ministère devait être le premier garant de sa sécurité », estime un artiste engagé.
Ces déclarations s’ajoutent à une série de critiques visant également l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National, institution chargée de la préservation des sites historiques, aujourd’hui accusée de passivité.
Pour beaucoup, les annonces d’enquête ne suffisent plus à calmer la colère. « Nous n’avons plus confiance dans les promesses. Ce que nous voulons, ce sont des actes concrets et des responsabilités clairement établies », insiste un habitant de Milot.
Au fil des jours, la pression populaire devient de plus en plus difficile à ignorer. La demande de démission du ministre s’inscrit désormais dans une exigence plus large : celle d’un État responsable, capable de protéger ses citoyens et de respecter ses engagements.
Au-delà de la tragédie, c’est une crise de gouvernance qui se dessine, révélant les limites d’un système où les responsabilités peinent encore à être assumées.
Justice pour les victimes. Vérité pour le peuple. Responsabilité pour l’État.
Harold Pierre
Lakay info 509
