Haïti au bord de l’asphyxie sociale : un constat alarmant d’Altènativ Sosyalis
Port-au-Prince, avril 2026
Dans sa note de conjoncture de ce mois d’avril, Altènativ Sosyalis dresse un tableau particulièrement sombre de la situation en Haïti. Entre l’aggravation de l’insécurité, la flambée du coût de la vie et les décisions économiques contestées, le pays semble s’enfoncer dans une crise multidimensionnelle.
Dans ce document, l’organisation revient notamment sur le drame survenu dans la nuit du 29 au 30 mars 2026, lorsque des membres du gang « Gran Grif », affilié à la fédération criminelle « Viv ansanm », ont attaqué les localités de Jean Denis et Pont Benoît, dans le Bas Artibonite. Le bilan provisoire évoque près d’une centaine de morts et plus de 13 000 déplacés. Altènativ Sosyalis exprime sa solidarité envers les familles endeuillées et rend hommage aux victimes, rappelant que chaque vie perdue représente une perte irréparable pour la nation.
Pour l’organisation, cette spirale de violence ne peut être comprise sans une analyse des causes profondes. Elle estime que l’insécurité actuelle résulte d’un ensemble de facteurs historiques, économiques, sociaux et politiques, aggravés par la faiblesse chronique des institutions publiques. Le chômage massif, la précarité, l’absence de services de base et les inégalités structurelles constituent, selon elle, un terrain fertile à la prolifération des groupes armés.
Dans cette logique, Altènativ Sosyalis appelle à une mobilisation citoyenne élargie. Elle plaide pour un soutien aux forces de l’ordre dans la lutte contre les gangs, tout en dénonçant les réseaux politiques et économiques accusés de tirer profit de l’instabilité.
Sur le plan économique, la décision du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé d’augmenter les prix du carburant est vivement critiquée. L’organisation considère cette mesure comme une charge supplémentaire imposée à une population déjà fortement touchée par la vie chère.
Altènativ Sosyalis rejette également le discours officiel sur une politique d’austérité, estimant qu’elle ne touche pas les élites dirigeantes mais pèse exclusivement sur les classes populaires. Elle appelle à une redistribution plus équitable des efforts nationaux.
Enfin, l’organisation affirme que les crises actuelles traduisent avant tout des choix de société et appelle à une participation populaire active afin de défendre les intérêts collectifs.
Signé pour Altènativ Sosyalis
Jean Herold Bureau
Porte-parole
Jean Paul Bastien
Coordonnateur
