Hausse du prix du carburant : « Yon Jenès Ini » dénonce une décision arbitraire et appelle à la mobilisation

Port-au-Prince, 6 avril 2026
La structure citoyenne Yon Jenès Ini élève la voix contre la récente décision des autorités haïtiennes d’augmenter les prix du carburant sur l’ensemble du territoire national. Dans une correspondance adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’organisation exprime un rejet catégorique de cette mesure qu’elle juge injustifiée et lourde de conséquences pour une population déjà fragilisée.
Selon le document, cette augmentation intervient sans explication convaincante ni transparence sur les mécanismes ayant conduit à une telle décision. Yon Jenès Ini estime que le gouvernement ne peut se retrancher derrière les tensions géopolitiques internationales pour justifier une politique qui impacte directement les conditions de vie des citoyens.
L’organisation dénonce également l’absence de planification structurelle accompagnant cette hausse. Elle avertit que cette décision risque d’aggraver la crise socioéconomique, déjà marquée par une inflation persistante, la précarité croissante et l’insécurité généralisée.
Face à cette situation, plusieurs revendications sont formulées. Yon Jenès Ini appelle notamment à la mise en place de mesures d’accompagnement pour soutenir les familles vulnérables et les personnes déplacées internes affectées par la flambée des prix. Elle plaide aussi pour le lancement de programmes visant à faciliter le retour des déplacés dans leurs zones d’origine, sous protection étatique.
Par ailleurs, l’organisation insiste sur la nécessité d’une revalorisation immédiate du salaire minimum afin de permettre aux travailleurs de faire face à la hausse du coût de la vie. Elle évoque également la question de la souveraineté territoriale, appelant les autorités à reprendre le contrôle de plusieurs points stratégiques du pays, notamment les principaux axes routiers et postes frontaliers, aujourd’hui sous l’influence de groupes armés.
Cette prise de position est portée par plusieurs figures engagées issues de divers horizons de la société civile. Parmi elles figurent notamment Elveus Wilguens Sonder (Dessalines Réveillez), Joseph Asnel (AJEVA), Saint-Vil Sadrack (Child Haïti), Renard Fritz Kerry (Sitwayen Angaje), Dominique Sophanie Emmanuella, Jérôme Gesline (Les Valeurs d’Haïti), St-Vilus Wade (Lesavoir), ainsi qu’André Kenold (Corevco). D’autres personnalités comme Charidieu Francknel, Jean Elie, Luma Steeves (A.N.G), Raisin Caïsha, Louis Rosiane, Leveque Jean Huguens, Solages Dacheka ou encore Lucien Walmar (JASMA) et Laguerre Grégory se joignent également à cet appel.
Dans un ton ferme, Yon Jenès Ini met en garde contre une aggravation des tensions sociales si le gouvernement persiste dans cette voie. Elle affirme que la population pourrait se mobiliser pour faire échec à cette décision jugée « irresponsable ».
En conclusion, l’organisation exhorte le Premier ministre à revoir cette mesure en concertation avec les ministères concernés, notamment ceux de l’Économie et des Finances ainsi que du Commerce et de l’Industrie. Elle appelle à une gouvernance plus responsable, attentive aux réalités du peuple haïtien.
Dans un contexte déjà explosif, cette prise de position traduit une montée de la contestation sociale face à des décisions économiques perçues comme déconnectées des urgences nationales.
