Justice : hémorroïdes aiguës, une demande urgente de liberté provisoire pour Magalie Habitant

Port-au-Prince, 15 avril 2026
Une requête formelle a été introduite auprès du Commissaire du Gouvernement près la Cour d’Appel de Port-au-Prince en faveur de Mme Magalie Habitant, actuellement détenue à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). Par cette démarche, son avocat, Me Michel B. Rosemberg, sollicite l’octroi d’une liberté provisoire pour des raisons strictement médicales.
Selon la requête datée du 15 avril 2026, Mme Habitant, présentée comme militante politique et entrepreneure, est en détention préventive dans l’attente de sa comparution devant la Cour d’Appel, à la suite d’un recours exercé contre une ordonnance rendue le 24 novembre 2025. Toutefois, au-delà de l’évolution de son dossier judiciaire, c’est aujourd’hui son état de santé qui retient l’attention.
Le document précise que la détenue souffre d’une affection hémorroïdaire aiguë nécessitant une prise en charge urgente. Un rapport médical établi le 23 mars 2026 par un médecin de la DCPJ, accompagné de pièces justificatives, met en évidence la gravité de son état. La défense soutient que cette pathologie requiert une intervention chirurgicale dans les plus brefs délais.
Dans cette optique, des dispositions auraient déjà été prises avec un spécialiste ainsi qu’avec la Clinique Lambert pour assurer une prise en charge adéquate. Il est prévu que Mme Habitant soit transférée pour des examens préopératoires, en vue d’une intervention jugée urgente. Une correspondance médicale complémentaire, signée le 6 avril 2026 par le Dr Michael W. Hyacinthe, viendrait renforcer le caractère critique de la situation.
Au-delà de l’urgence médicale, la requête évoque également le contexte difficile dans lequel évolue le système judiciaire haïtien. Les perturbations institutionnelles et sécuritaires observées ces dernières années contribueraient à ralentir le traitement des dossiers, prolongeant ainsi la détention de nombreux justiciables.
S’appuyant sur la Constitution haïtienne du 29 mars 1987 ainsi que sur des instruments internationaux relatifs aux droits humains, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme, la défense rappelle que le droit à la santé constitue une garantie fondamentale, y compris pour les personnes privées de liberté. Elle souligne par ailleurs l’obligation de l’État de veiller à ce que les détenus puissent bénéficier de soins appropriés, ce qui, selon elle, n’est pas pleinement assuré dans ce cas.
En conséquence, Me Rosemberg demande au parquet de faire droit à cette requête en accordant à sa cliente une liberté provisoire, afin de lui permettre de recevoir les soins nécessaires dans un établissement hospitalier adapté, conformément aux recommandations médicales.
Ce dossier remet en lumière la question sensible des conditions de détention en Haïti, notamment en matière d’accès aux soins de santé, et interpelle sur la capacité des autorités judiciaires à concilier exigences légales et impératifs humanitaires
