Processus électoral : cinq organisations alertent sur des failles et réclament des corrections urgentes
À un peu plus de trois mois du premier tour des élections fixé au 13 décembre 2026, le processus électoral haïtien suscite de sérieuses préoccupations au sein de la société civile. Dans une analyse publiée le 3 septembre, l’Observatoire pour la Bonne Gouvernance et la Démocratie (OBGD), le CARDH-H, le COFE, l’INDDESC, Sant Karl Lévêque et l’UNAPAHA relèvent plusieurs insuffisances dans la mise en œuvre du calendrier du Conseil électoral provisoire (CEP). Ils appellent à des corrections urgentes pour renforcer la transparence, la crédibilité du processus et la confiance des citoyens.
Des irrégularités qui inquiètent la société civile
Les organisations identifient plusieurs difficultés dans l’exécution du calendrier électoral. Elles questionnent notamment l’attribution, le 19 août, de numéros à 105 partis politiques avant la soumission et la vérification de leurs listes de 30 000 membres, exigées par le décret électoral pour pouvoir présenter des candidatures. Elles signalent également des difficultés techniques rencontrées par certains partis pour accéder au site du CEP et soumettre leurs listes.
L’insuffisance de communication autour des Centres d’Inscription et de Vote (CIV) est également dénoncée. Les organisations demandent la publication d’une liste nationale consolidée précisant la localisation, les horaires et les opérations disponibles dans chaque centre. Elles jugent en outre le calendrier incomplet, notamment sur le contrôle des candidatures, les recours, la publication des listes provisoires et définitives et plusieurs étapes liées au déroulement du scrutin.
Transparence : le CEP appelé à rendre des comptes
La question de la transparence constitue un autre point majeur de l’analyse. Les signataires déplorent l’absence de rapports financiers et d’activités du CEP accessibles aux citoyens et aux institutions concernées, alors que le décret électoral prévoit leur transmission aux instances de contrôle et leur publication.
Les organisations s’inquiètent également de la faible visibilité du programme de sensibilisation et d’éducation civique, pourtant prévu dans le calendrier électoral depuis février 2026. Elles estiment qu’une campagne nationale d’information est indispensable pour permettre aux citoyens de comprendre les différentes étapes du processus et de participer pleinement au scrutin. La participation de la diaspora, prévue par le décret électoral, est aussi considérée comme insuffisamment encadrée dans le calendrier publié.
Des mesures urgentes pour restaurer la confiance
Face à ces préoccupations, les organisations recommandent au CEP de revoir et de détailler son calendrier après une évaluation des difficultés rencontrées. Elles demandent la publication des rapports financiers et d’activités, conformément aux exigences du décret électoral, ainsi que la mise en opération effective des Bureaux électoraux départementaux (BED) et communaux (BEC).
Elles préconisent également une cartographie des zones à risque afin d’anticiper les difficultés liées à la sécurité et à l’accessibilité. Une réunion tripartite entre le CEP, le gouvernement et les partis politiques est proposée, ainsi que des échanges avec les partenaires internationaux sur les questions de sécurité et une concertation avec les principaux secteurs de la société.
Les organisations insistent enfin sur la mise en place d’un véritable programme d’éducation civique afin d’informer les électeurs et de favoriser une participation citoyenne effective. Pour elles, ces corrections sont indispensables pour renforcer la confiance et créer les conditions d’élections crédibles, transparentes et démocratiques.
La rédaction
