Réinventer l’Université en Haïti : une urgence nationale face à la crise multidimensionnelle

Montréal, avril 2026
Dans un pays fragilisé par une crise profonde à la fois sécuritaire, économique, sociale et politique, la question de l’enseignement supérieur en Haïti s’impose aujourd’hui comme un enjeu central. Plus qu’un simple cadre académique, l’université doit désormais se positionner comme un acteur clé de transformation et de reconstruction nationale.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la participation de David Génesté, ancien député et coordonnateur du parti politique ATHA, aux Journées internationales de la diaspora haïtienne organisées à Montréal. Lors de son intervention, il a dressé un constat sans détour : le système universitaire haïtien doit se réinventer pour répondre aux défis concrets du pays.
S’appuyant sur les réflexions du professeur Yves Dorestal de l’Université d’État d’Haïti, qui évoque une crise devenue structurelle et permanente en Haïti, David Génesté a insisté sur la nécessité de rompre avec un modèle académique déconnecté des réalités. « L’université ne peut plus être une simple fabrique de diplômes. Elle doit devenir un véritable laboratoire de solutions », a-t-il martelé.
Dans cette optique, il préconise une refonte des cursus universitaires autour des besoins réels du pays : gestion des risques et des catastrophes, sécurité alimentaire, gouvernance publique et renforcement institutionnel. Il a également mis l’accent sur la promotion d’une recherche-action, orientée vers des résultats concrets et directement applicables.
La question du rôle de la diaspora a occupé une place centrale dans les discussions. En écho aux idées développées par le professeur et diplomate Herwil Gaspard dans son ouvrage Dos au mur, la diaspora en renfort, l’ancien parlementaire a plaidé pour une meilleure mobilisation des compétences haïtiennes vivant à l’étranger, dans une logique de collaboration gagnant-gagnant.
En marge de l’événement, David Génesté a échangé avec plusieurs personnalités influentes, dont Marjorie Michel, ministre de la Santé du Canada, Frantz Benjamin, vice-président de l’Assemblée nationale du Québec, ainsi que Françoise Suzan, chargée d’affaires à l’ambassade d’Haïti au Canada. Les discussions ont porté sur des enjeux cruciaux tels que l’éducation, la sécurité et l’organisation d’élections crédibles en Haïti.
Une rencontre symbolique a également réuni Suze Youance et Elysé Colagène, Directeur Général du Fonds National de l’Éducation, illustrant la volonté de renforcer les liens entre les institutions haïtiennes et la diaspora autour des priorités éducatives.
Au-delà des constats, un message clair se dégage : l’université haïtienne doit assumer pleinement sa responsabilité sociale et éthique. Former des citoyens engagés, capables de reconstruire le tissu social et de redonner espoir à la nation, devient une priorité absolue.
Car sans une université ancrée dans les réalités du pays et tournée vers l’action, aucune sortie durable de crise ne sera possible.
La rédaction
